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Mieux lire les étiquettes alimentaires : les bons réflexes à adopter

Par Maxime
5 minutes

Pourquoi se pencher sur les étiquettes alimentaires aujourd'hui ?


Faire ses courses n'a jamais été aussi complexe : allégations santé, listes à rallonge, mentions en caractères minuscules ou labels à foison… Difficile pour le consommateur d’y voir clair et de choisir en toute confiance. Pourtant, décoder les étiquettes est la première étape essentielle vers une alimentation équilibrée et consciente.
Avec nutritionpratique.fr, cap sur des méthodes simples et des réflexes concrets pour décrypter les infos utiles et éviter les pièges du marketing.


Bien comprendre la structure d'une étiquette


Avant de se perdre dans la jungle des données, prenons le temps de bien repérer les principales rubriques qui composent une étiquette standard :


  • La composition (liste d'ingrédients)
  • La déclaration nutritionnelle (repères nutritionnels par portion ou pour 100g/100ml)
  • Les allergènes et mentions d’alerte
  • La DDM ou DLC (date de durabilité minimale ou limite de consommation)
  • Labels, logos et revendications marketing
  • Le lot, l’origine et parfois des conseils de stockage/préparation

Tous ces éléments jouent un rôle, mais savoir où chercher l’information clé fait gagner du temps et, souvent, protège votre santé.


Décrypter la liste d’ingrédients : chasse aux additifs et pièges à éviter


Dans l’ordre de leur importance dans la recette, les ingrédients figurent du plus présent au moins représenté.
L’objectif est simple : traquez la simplicité.


  • Moins il y en a, mieux c’est : Un produit qui nécessite plus de 7 à 8 ingrédients mérite votre vigilance.
  • Méfiez-vous des ingrédients “cachés” : Les sucres (glucose, sirop, miel, dextrose…), les huiles hydrogénées, les protéines végétales texturées, etc.
  • Les additifs alimentaires (“E…”) : Colorants, conservateurs, épaississants... Certains sont inoffensifs, d’autres sujets à polémiques. Plus la liste “E” est longue, plus le produit est transformé.

Astuce pratique : Apprenez à repérer rapidement les mots techniques, les acronymes et les ingrédients d’origine animale (pour les personnes végétariennes/végétaliennes).


Lire la table nutritionnelle : focus sur les valeurs à comparer


Tous les produits préemballés doivent afficher une table nutritionnelle. Mais à quoi prêter attention en priorité ?


  • Le repère des “100g” ou “100ml” : Permet une comparaison directe entre produits similaires (par exemple, deux céréales petit-déjeuner ou deux plats préparés).
  • Énergie (kcal ou kJ) : Intéressant à noter, particulièrement pour surveiller sa consommation énergétique.
  • Glucides / dont sucres : Privilégier les aliments faibles en sucres ajoutés (<5g par 100g, idéalement).
  • Matières grasses / dont acides gras saturés : Opter pour un apport minimal en “saturés” (moins de 1,5g/100g, surtout sur les plats industriels).
  • Protéines : À surveiller en cas de régime spécifique ou pour les sportifs.
  • Fibres : Favorisez les produits apportant au moins 2g/100g (pains, céréales, biscuits…)
  • Sel : Attention au sel caché : un plat est trop salé au-delà de 1g de sel aux 100g.
    Certaines mentions “sodium” sont à multiplier par 2,5 pour obtenir l’équivalent “sel”.

Bon à savoir : Méfiez-vous des valeurs “par portion” qui peuvent être trompeuses (ex : portion très petite par rapport à ce que consomme réellement une personne).


Les allergènes : vigilance pour toute la famille


Puisqu’une allergie peut vite tourner au cauchemar, les industriels sont tenus d’indiquer tous les allergènes majeurs : gluten, lait, œufs, arachide, fruits à coque, moutarde…
Ils apparaissent simplement en gras ou soulignés dans la liste ou dans une section “contient”.


Pensez aussi à repérer les mentions “traces de…” si un membre de la famille est très sensible, même à de faibles quantités.


Labels, logos et promesses : ce que ça veut (vraiment) dire


Les logos pullulent : bio, Nutri-Score, sans huile de palme, “riche en…”, “source de…”
Soyez attentif à ce qui a une valeur officielle et ce qui relève du pur marketing :


  • Bio (AB, EU, Demeter…) : Un diplôme pour une production respectueuse d’un cahier des charges précis.
  • Nutri-Score : Note globale de qualité nutritionnelle (A à E, du meilleur au moins bon). Pratique pour les comparaisons rapides.
  • Mentions positives (“source de fibres”, “pauvre en…”, “sans conservateur”) : Vérifiez dans la table nutritionnelle que la promesse se vérifie.
  • Allégations santé : Les véritables bienfaits doivent être prouvés et validés par les autorités européennes. Attention aux formulations trompeuses (ex : “à base d’ingrédients naturels”... alors que le produit est loin d’être sain globalement).

Astuce : Faites confiance aux logos officiels, prudence avec les mentions fantaisie estampillées par les marques elles-mêmes.


Date, origine et conseils annexe : savoir où regarder


La DLC (date limite de consommation) concerne les aliments frais et fragiles (viandes, poissons, plats prêts à consommer) : respectez-la impérativement. La DDM (date de durabilité minimale, ex-DLUO) sur les produits secs, biscuits, céréales, n’a pas le même enjeu sanitaire dès lors que le produit est bien conservé.
L’origine des ingrédients, désormais obligatoire sur de nombreux produits, vous permet d’orienter vos achats vers de la production locale.


Checklists pratiques – Ayez-les en tête au supermarché


  1. Commencez toujours par la liste des ingrédients;
    plus elle est courte, mieux c’est.
  2. Comparez la table nutritionnelle pour 100g dans la même catégorie
    : repérez les produits les moins sucrés, salés et gras.
  3. Repérez les additifs : plus il y en a, plus le produit est ultra-transformé.
  4. Consultez systématiquement les allergènes, même sur les produits de consommation courante.
  5. Soyez critique vis-à-vis des logos ou promesses marketing et revenez toujours à la composition.
  6. Pour les enfants, privilégiez les produits simples : compotes, yaourts natures, biscuits peu sucrés.
  7. Gardez un œil sur la date : mieux vaut des achats fractionnés (plus frais) que du stock à périmer dans le placard.

Exemples terrain : comparons deux produits du quotidien


  • Céréales pour petit-déjeuner :
    • Produit A : 9 ingrédients, 24g de sucre/100g, Nutri-Score C, “à base de céréales complètes”.
    • Produit B : 6 ingrédients, 8g de sucre/100g, Nutri-Score A, “sans arômes artificiels”.
    => Le “naturel” mis en avant par le A masque un excès de sucres. Le B est plus simple et équilibré.
  • Jambon blanc :
    • Produit A : “sans nitrites”, mais contient 13 additifs dont des sucres (dextrose).
    • Produit B : 4 ingrédients : jambon, sel, antioxydant (ascorbate de sodium), ferments.
    => Le jambon B, moins transformé, est à privilégier même si la mention “sans nitrite” du A rassure a priori.

Pièges fréquents à déjouer


  • Allégations “sans sucre ajouté” : Peut contenir beaucoup de sucres naturellement présents (purées de fruits, jus). Toujours vérifier la ligne “dont sucres”.
  • Portions trompeuses : Une barre chocolatée par portion annoncé “faible en calories” alors que la portion est inférieure à ce que l’on consomme réellement.
  • Arômes et colorants “naturels” ne signifient pas “meilleur pour la santé”.
  • Produits “à base de…” : surveillez la teneur réelle de l’ingrédient vedette dans la liste.

Bonus à télécharger : outils pratiques


  • Une fiche de décodage express d’étiquette alimentaire à glisser dans son portefeuille.
  • Tableau d’équivalents de sucre et de sel : combien de morceaux de sucre ou pincées de sel pour telle quantité affichée ?
  • Grille de comparaison produits sous Excel/Google Sheets pour scanner ses courses hebdo.
  • Guide des additifs controversés à éviter (E numéros à scanner au supermarché).

Conclusion : consommer en pleine conscience avec le bon réflexe étiquette


Apprendre à bien lire une étiquette alimentaire, c’est adopter une démarche sereine, autonome et sans prise de tête vers une alimentation plus saine. N’ayez pas peur de retourner les emballages au supermarché : comparez, questionnez et choisissez en toute connaissance de cause, sans pression mais avec curiosité.

Téléchargez nos outils, partagez vos retours, et retrouvez tous nos dossiers nutrition et astuces pratiques sur nutritionpratique.fr, rubrique “Astuces” et “Guides d’achat”. Bonne chasse aux infos… et à très bientôt sur le site pour d’autres checklists et exemples terrain !

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