Actus & nouveautés

Les applications santé qui arrivent en France : que faut-il attendre ?

Par Maxime
6 minutes

Nouvelle vague d'applications santé : le digital au service de notre bien-être


Des dizaines d’applications mobiles santé s’apprêtent à débarquer officiellement sur le marché français, profitant d’un contexte favorable : volonté de plus en plus forte des usagers d’agir sur leur santé, innovations technologiques majeures, et impulsion des autorités pour encadrer et valoriser le numérique médical. Après l’Allemagne, la Suède ou les États-Unis, la France se prépare à une transformation silencieuse de l’accompagnement santé… à condition de bien comprendre ce que ces apps changent (ou non) au quotidien. Nutritionpratique.fr fait le point sur les grandes tendances, les atouts, les limites, la réglementation spécifique à la France, et les conseils clés pour choisir et utiliser ces nouveaux outils en pleine expansion.

Un contexte propice : explosion du marché, attentes sociétales et innovations technologiques


Depuis le Covid-19, la santé connectée a franchi un cap : plus de 5 millions de Français utilisent déjà régulièrement des applications ou objets connectés dédiés à la santé, que ce soit pour suivre leur activité, gérer un trouble chronique ou prendre rendez-vous avec un médecin. Avec la démocratisation du smartphone, la généralisation du Dossier Médical Partagé (Mon espace santé), l’ouverture progressive de l’Assurance Maladie à l’écosystème digital et l’accélération des services « e-santé » (télémédecine, prescription numérique…), le terrain est prêt pour les éditeurs d’applications, grandes entreprises comme startups.


À quoi s’attendre pour la France en 2024 ? Selon une enquête menée par le Forum Santé Numérique, trois familles d’applications devraient tirer leur épingle du jeu :


  • Prévention et suivi du bien-être : gestion de l’activité physique, nutrition, sommeil, méditation, santé mentale, programmes anti-tabac ou gestion du stress.
  • Autodiagnostic, gestion de maladie chronique, accompagnement patient : diabète, hypertension, asthme, maladies cardiovasculaires, troubles digestifs, etc.
  • Parcours de soin et facilitation administrative : prise de rendez-vous, suivi d’ordonnances, stockage de documents médicaux, téléconsultation, notifications vaccinales, carnet de santé dématérialisé pour toute la famille.

Ce que ces applications peuvent concrètement apporter aux Français


Dans les pays où le déploiement massif est déjà engagé, les premiers bénéfices rapportés sont multiples :


  1. Mieux comprendre ses indicateurs santé : courbes d’évolution du sommeil, rappels d’activité, suivi des constantes ou calcul des apports nutritionnels permettent une prise de conscience plus rapide.
  2. Adopter de nouvelles routines : grâce à des checklists personnalisées, des objectifs graduels quotidiens/hebdomadaires, les utilisateurs construisent progressivement de meilleures habitudes (hydratation, activité physique, méditation, etc.).
  3. Optimiser la gestion des traitements et rendez-vous : rappels automatiques pour la prise de médicaments, ordonnance stockée et transmise au pharmacien, carnets de vaccination digitaux, etc.
  4. Briser l’isolement : accompagnement digital pour les personnes âgées ou fragiles, coachings interactifs, forums intégrés et accès rapide au professionnel de santé via chat sécurisé.
  5. Soutenir la prévention et l’autonomisation du patient : certains programmes proposent des interventions scientifiques validées (modules d’éducation thérapeutique, vidéoconférences avec un expert, questionnaires, etc.).

Ainsi, ce sont autant d’outils pour reprendre le pouvoir sur sa santé… mais le succès dépend de leur bonne intégration dans les parcours existants et du niveau d’accompagnement fourni.


Exemples : ce qui arrive et ce qui change dans la pratique


  • Suivi glycémique connecté (diabète type 1 ou 2) : l’application reçoit directement les données des capteurs de glucose, analyse les courbes, alerte en cas d’anomalie, permet de communiquer facilement avec son diabetologue. Des solutions validées existent déjà en Allemagne (DiGA), arrivent en France intégrées au remboursement.
  • Applications de santé mentale : programmes d’auto-surveillance (humeur, sommeil), modules d’initiation à la méditation, alertes en cas de risque accru (burnout, addictologie), accès à une téléconsultation urgente.
  • Gestion de la nutrition et du poids : calculatrices d’apports caloriques, journaux alimentaires intelligents, planification de repas basée sur les profils de santé, conseils personnalisés et rappel d’objectifs nutritionnels.
  • Outils pour le parcours maternité : suivi de grossesse au jour le jour, rappels d’examens médicaux, exercices de préparation à la naissance, partages sécurisés de données avec la sage-femme.
  • Cybersécurité santé : nouvelles applications offrant coffre-fort numérique pour tous les documents médicaux, double authentification, contrôle parental pour enfants et ados.

Sous le capot : quelles garanties et quelles limites ?


La question de la qualité et de la sécurité des données est au cœur du débat. L’Assurance Maladie et la Haute Autorité de Santé (HAS) français exigent désormais (via la certification eHealth, le référencement INS et Mon Espace Santé) :


  • Sécurité des données personnelles et médicales : hébergement agréé HDS, chiffrement des échanges, consentement explicite.
  • Certification médicale : mentions légales, validation par des experts, inscription sur des registres validés (DiGA, liste des applications référencées Mon Espace Santé).
  • Transparence sur l’usage des données à des fins commerciales : aucun ciblage publicitaire non consenti, pas de revente de données à des tiers, audit régulier.

Mais tout n’est pas encore parfait : la majorité des applications « bien-être » (activité, nutrition, méditation) ne disposent pas à ce jour d’études cliniques solides, et leur efficacité dépend du degré d’accompagnement humain (coaches, professionnels partenaires, forums). Prudence sur les solutions miracles ou tout-en-un, au risque de dérives commerciales ou de sur-diagnostic.


France, marché à part : spécificités réglementaires et éthiques


Le Comité éthique du numérique, le Ministère de la Santé et la CNIL ont récemment uniformisé le parcours des applications santé pour répondre à quatre exigences majeures :


  1. Respect explicite du parcours de soin « classique » : ces applications ne peuvent remplacer le suivi par un professionnel (médecin, infirmier, diététicien…).
  2. Transparence sur les algorithmes d’aide à la décision, publications des preuves d’efficacité.
  3. Consentement partagé pour les mineurs, contrôles parentaux natifs, pédagogie sur les notifications et les rappels.
  4. Interopérabilité avec Mon Espace Santé pour éviter la prolifération de comptes « orphelins ».

La France joue la prudence, limitant pour l’instant l’usage de diagnostics automatisés ou d’applications délivrant des alertes médicales en dehors d’une supervision par un professionnel de santé.


Comment choisir son application santé ? 7 conseils de terrain d’experts


  1. Vérifier l’identification du développeur : privilégier les applications référencées par l’Assurance Maladie, les syndicats de professionnels ou les CHU.
  2. Lire attentivement la politique de confidentialité : savoir où sont stockées vos données, qui y accède, et comment changer de prestataire.
  3. Favoriser les applications disposant de l’option « partage avec mon médecin » pour un suivi fluide, même en cas d’urgence.
  4. Éviter les solutions qui promettent des « guérisons miracles » : aucun algorithme ou IA ne remplace l’expertise médicale.
  5. Préférer la simplicité à la sur-promesse : une app efficace doit être rapide à configurer, claire, s’adapter à tous les niveaux de technophilie.
  6. Consulter les avis et évaluations publiques sur les stores (App Store, Google Play), mais aussi dans la presse spécialisée ou auprès de votre pharmacien.
  7. Prendre le temps d’essayer plusieurs modèles pour trouver celle qui s’intègre le mieux à votre quotidien, sans pression excessive (trop de notifications, gamification mal calibrée…).

Checklist : bien démarrer avec son appli santé


  1. Créer un mot de passe robuste et activer l’authentification à deux facteurs.
  2. Paramétrer la fréquence des notifications pour éviter la surcharge.
  3. Enregistrer dans l’application les coordonnées d’un contact santé de confiance.
  4. Vérifier si votre médecin ou pharmacien utilise cette application (fonction « partage » ou QR code sécurisé).
  5. Mettre à jour l’application régulièrement pour bénéficier des correctifs de sécurité.
  6. Automatiser la sauvegarde de vos données dans Mon Espace Santé ou un coffre-fort numérique recommandé.

À télécharger sur Nutritionpratique.fr :


  • Checklist pour choisir et sécuriser son appli santé.
  • Guide comparatif des applications françaises agréées par l’Assurance Maladie.
  • Modèle de consentement à personnaliser avec vos proches ou enfants.
  • Fiche « gestes cybersécurité pour sa santé digitale » à imprimer.

Ces outils téléchargeables gratuits vous attendent dans la rubrique Logiciels & apps ou Cybersécurité de nutritionpratique.fr.


En synthèse : révolution douce ou simple extension de nos habitudes ?


Le succès des applications santé ne se résume pas à leur technologie mais à la façon dont elles sont intégrées, validées et accompagnées. Utilisées judicieusement, elles peuvent transformer progressivement la prévention et le suivi, personnaliser la relation patient-médecin et agir comme levier d’autonomie. Mais elles ne seront jamais « magiques » : éducation, esprit critique et accompagnement professionnel restent indispensables.

Nutritionpratique.fr continuera de vous accompagner pour décrypter, comparer et sécuriser ces nouvelles pratiques numériques, sans bla-bla, avec toujours des outils concrets et des inspirations issues du terrain. Explorez nos guides, téléchargez nos checklists et partagez vos retours pour bâtir, ensemble, une santé connectée utile, sûre et accessible à tous !


Articles à lire aussi
nutritionpratique.fr